LA TAILLE DE VOS ARBRES
Pourquoi ?
Comment ?
 

TROIS PRINCIPES DE BASE :

  • La taille, l'élagage, sont toujours un traumatisme pour l'arbre

    • diminution du volume foliaire, donc diminution de l'alimentation carbonée,

    • création de nombreuses plaies, qui sont autant de portes d'entrée aux champignons qui détruisent le bois,

    • modifications brusques des flux de sève.

    TAILLER OU ÉLAGUER TOUJOURS SUFFISAMMENT TÔT (coupes quand le bois est encore petit), RÉGULIÈREMENT (ne pas trop couper à chaque intervention), ET LE MOINS POSSIBLE (pas de plaies non indispensables).

     

  • La taille, l'élagage, peuvent condamner un arbre à moyen terme :
    • coupes mal faites, trop nombreuses, trop grosses,
    • outils transmettant les champignons qui détruisent le bois,
    • blessures dues aux griffes de grimper, etc.

    RESPECTER IMPÉRATIVEMENT LES RÈGLES DE L'ART

     

  • La taille, l'élagage ne sont ni une obligation ni une fatalité ;
    Un arbre n'a pas « besoin » de taille. La taille n'est là que pour répondre aux contraintes de la cohabitation avec les hommes. Ainsi, par exemple :
    • la « taille de formation » prépare l'arbre jeune à avoir une forme, un encombrement compatibles avec son environnement,
    • la « taille d'entretien » consiste à enlever le bois qui est ou risque de devenir dangereux,
    • la « taille d'éclaircie » permet de rendre le houppier moins dense, de diminuer l'opacité de l'ombre portée,
    • la « taille de cohabitation » adapte le volume de l'arbre adulte à son environnement, dégage un obstacle,
    • la « taille d'accompagnement » anticipe le dépérissement d'un arbre âgé, diminue l'apparition prévisible de bois mort,
    • la « réduction de couronne » diminue le poids de branches qui risqueraient de se déchirer.

    AVANT TOUTE TAILLE, PRÉCISER CLAIREMENT LE BUT, LE TYPE DE TAILLE DÉSIRÉ.
     

 

QUELQUES RÈGLES DE L'ART QUE VOTRE
ÉLAGUEUR DOIT RESPECTER...

-I- Les tailles, si elles sont mesurées et bien faites, peuvent être réalisées à toutes saisons, sauf :

  • les périodes de gel important (surtout pour le confort et la précision des gestes des élagueurs),

  • la période de débourrement des bourgeons (début du printemps, variable en fonction des espèces et des années),

  • la période précédant la chute des feuilles (il faut laisser l'arbre faire lui-même tomber ses feuilles c'est un phénomène actif, sous l'influence d'hormones végétales).

 

-II- L'emploi d'une nacelle est à éviter : elle ne permet pas à l'opérateur d'intervenir avec suffisamment de souplesse à l'intérieur et de l'autre côté du houppier.
On préférera l'accès direct par grimper au coeur du houppier.

 

-III- L'emploi de griffes pour accéder dans le houppier, est à proscrire : cela provoque de très nombreuses blessures sur le tronc et, si les griffes ne sont pas préalablement désinfectées, elles peuvent disséminer et introduire les champignons destructeurs du bois.
On préférera l'utilisation de « sacs de lancer » permettant de fixer une corde à un enfourchement haut de l'arbre.

 

-IV- Les carters de tronçonneuses doivent être soufflés (afin d'ôter la sciure et les copeaux), l'ensemble des outils de taille doit être désinfecté entre chaque arbre, sur le chantier (afin de pouvoir le constater). Cette prestation sera particulièrement exigée et vérifiée en cas de maladie présente ou suspectée. Les produits désinfectants peuvent être l'alcool à brûler, l'eau de Javel ou des produits spécifiques.

 

-V- L'intérêt de l'utilisation de « mastics à cicatriser » (ou écorces synthétiques) est très controversé. Dans tous les cas, on respectera donc scrupuleusement la règle suivante.
Si on met en place une écorce synthétique sur les plaies de taille :
  • le produit utilisé contiendra un fongicide (exemple : « Drawitec »),
  • cette écorce sera mise en place aussitôt après (= dans la minute suivant) la coupe,
  • elle ne sera mise en place que sur une plaie parfaitement saine, sans bois mort ou pourri.

 

-VI- La taille ne doit jamais aboutir à enlever trop de branches et des branches trop grosses
  • En aucun cas plus de 20 % du volume du houppier n'est enlevé à chaque intervention.
  • Toute coupe de branche d'un diamètre supérieur à 10 cm sera proscrite.

 

-VII- La surface des coupes doit être franche, nette, régulière, non déchiquetée. Si nécessaire, cette surface est parée au moyen d'une serpette parfaitement aiguisée.


Sauf en cas d'incompatibilité avec les règles de taille de base (angle de coupe, réduction au droit d'un tire-sève -voir ci-après-), la surface des coupes n'est pas horizontale, mais oblique.
Attention : dans certains cas, la réalisation d'un bon angle de coupe est incompatible avec la réalisation d'une coupe oblique. C'est avant tout le respect d'un angle de coupe judicieux qui est important.

 

   

-VIII- L'Entrepreneur respecte un angle de coupe judicieux : sauf cas exceptionnel, l'angle de coupe correspond au strict respect de la ride de l'écorce et du col de la branche.

De la qualité de l'angle de coupe dépend directement la possibilité de recouvrement de la plaie, la rapidité et la régularité de ce recouvrement.

        

-IX- En aucun cas des réductions de branches ne sont réalisées en laissant un moignon.
Moignon = extrémité de branche coupée ou déchirée.

Un moignon est appelé à mourir (=:> à produire un chicot) ou à laisser se développer près de son extrémité une prolifération anarchique de rameaux.

Chaque réduction doit être faite au droit
d'un tire-sève
(Þ branche latérale ou, à défaut, bourgeon dormant vigoureux). A ce sujet, il
convient de veiller à ce que l'orientation du tire-sève choisi soit cohérente avec la forme
souhaitée de l'arbre (éviter les branches rentrantes, qui se croisent, qui se frottent, etc...).
 

 

-X- Les chicots doivent être enlevés.
Chicot = moignon mort.
La présence d'un chicot empêche le bourrelet de recouvrir entièrement la plaie.
Toutefois, la coupe n'entame jamais le bois vivant (et, en particulier, pas le bourrelet de recouvrement qui peut avoir commencé à se constituer à la base du chicot).
 

 

 

UN EXEMPLE DE CAHIER DES CHARGES POUR LA TAILLE D'ENTRETIEN

(type d'élagage le plus fréquent dans le cas des arbres du Domaine)

 

  • La taille d'entretien concerne principalement les arbres maintenus en forme libre, mais également ceux qui sont gérés « en rideau ». Pour ce qui concerne les arbres en forme libre, ce type de taille concerne surtout les arbres au stade physiologique « mûr » (puisque c'est à partir de ce stade qu'apparaît systématiquement du bois mort). Certains gestes de cette « taille d'entretien » sensu stricto sont toutefois réalisés dans le cadre d'autre types de taille, éventuellement à d'autres stades physiologiques (par exemple « tailles de formation » sur des stades « très jeunes » et « jeunes », etc..)
     
  • Le but est principalement sécuritaire (éviter les chutes de branches sur voies publiques et jardins), mais également sanitaire (diminuer la présence de bois pourri et parasité dans l'arbre) et esthétique.
     
  • Descriptif technique
    • Désinfection des outils de taille (alcool à brûler, eau de Javel, produit spécifique type « Fongysil ») avant toute intervention.
    • Pansage des plaies de taille d'un diamètre de plus de 4 cm à l'aide d'une écorce synthétique (type « Drawitec » ou similaire), à condition :
      • que la plaie soit parfaitement saine,
      • que l'application ait lieu aussitôt après la coupe,
      • que le produit employé contienne un principe fongicide
      • que le produit employé soit homologué.
    • Utilisation d'un produit désinfectant spécifique (type « Fongysil ») pour les plaies d'un diamètre supérieur à 4 cm, si ces plaies ne sont pas parfaitement saines ou/et si elles sont anciennes.
    • Enlèvement du bois mort supérieur à un certain diamètre -par exemple 4 cm- (car l'enlèvement total, dans le cas par exemple d'un début de dessèchement en cime, serait presque impossible, très onéreux et inutile, les petites brindilles mortes ne représentant pas un danger).

        Cette prestation concerne donc surtout les branches mortes basses, dans le cadre d'un élagage naturel (ceci plutôt à un stade physiologique « adulte ») et les branches mortes périphériques, dans le cadre d'un dessèchement en cime prononcé (fin du stade physiologique « mûr »).
    On coupe les branches mortes au plus près de l'anneau de bois sain entourant la base de la branche (sans l'entamer), même s'il reste un renflement important.

    • Enlèvement des chicots (il est parfois nécessaire, dans le cas de reprise d'une branche étêtée, par exemple, de la recouper plus bas, en biseau, au niveau d'un tire-sève).
    • Enlèvement (jusqu'au tronc, avec respect du col de la branche et de la ride de l'écorce) ou raccourcissement (au droit d'un tire-sève) de branches
      • mal formées,
      • qui se frottent (pas les plus grosses car, d'une part, elles peuvent participer à la solidité de l'ensemble, et, d'autre part, leur section constituerait des plaies au recouvrement incomplet),
      • cassées,
      • malades ou parasitées (cavités de Zeuzères importantes par rapport au diamètre de la branche, Gui, par exemple).
    • Enlèvement des branches trop faibles, sans avenir, dépérissantes, en train de mourir (attention : il s'agit de prévenir une mortalité évidente à court terme de branches, mais il ne s'agit pas de taille « d'éclaircie » ou « d'accompagnement ».
    • Enlèvement des drageons, des rejets de souche.
    • Enlèvement des gourmands, principalement dans le cas où il y a un problème de visibilité ou de gabarit (attention : si ces problèmes sont absents, il peut parfois être intéressant de seulement « sélectionner » les gourmands afin de maintenir une certaine ombre sur le tronc).
    • Parement des blessures éventuelles (rendre les plaies lisses, enlever le maximum de bois pourri, nécrosé, d'écorces mortes, sans toutefois blesser ni entamer le bois vivant (et surtout pas les bourrelets de recouvrement).
      - A l'occasion de cette prestation de « taille d'entretien », inspection de la totalité de l'arbre (signaler les anomalies éventuellement peu visibles depuis le sol : trous de pic, cavités, parasites, fragilités particulières, etc..).
       
  • Epoques d'interventions : elle peut avoir lieu à toute époque (car on ne retire que très peu de bois vivant). On évite toutefois - les périodes de gel important (surtout pour le confort et la précision des gestes des élagueurs),
    • la période de débourrement,
    • la période précédant la chute des feuilles.
  • La périodicité de ce type d'intervention est très variable en fonction
    • de l'état sanitaire de l'arbre,
    • de l'état physiologique dudit arbre,
    • du risque potentiel (y a-t-il un passage fréquent et abondant du public à son pied ?).

    Globalement, la périodicité, à partir de la fin du stade « adulte », est comprise entre 5 et 10 ans.

 

document réalisé par l'Atelier d'Aménagenent du Paysage Rural - Max GUIGNARD- I

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